café doriant halles de merville faema 2 1

Café Colombie : l’histoire du grain de café le plus célèbre du monde

Bien que l’histoire de la Colombie soit parsemée de conflits internes, à cause de plusieurs guerres civiles, la culture du fruit du caféier demeure un pilier pour l’économie du pays au fil des années. Ainsi le café représente le 3ème plus important produit d’exportation du pays avec ses 12 millions de sacs de 60 kg exploités chaque année. Le café constitue l’un des moteurs de l’économie de la Colombie avec le pétrole, l’émeraude, les fleurs et le charbon.

Pour information, le café est la 3ème boisson la plus consommée du monde derrière l’eau et le thé. La Colombie quant à elle, est le 3ème plus grand producteur de café après le Brésil et le Vietnam. Elle représente environ 7,5% de la production mondiale. Si aujourd’hui cette activité symbolise l’un des fers de lance de l’économie du pays, il est intéressant de connaître l’histoire du café de Colombie qui a oscillé entre périodes florissantes et crises économiques. 

Les origines du café de Colombie

Si des hypothèses existent sur la possibilité de l’introduction du café via les pays d’Amérique Centrale, celle la plus couramment retenue met en avant une arrivée de la denrée par le Venezuela. Pour l’origine du caféier en tout cas, il n’y pas vraiment de doute. Ce dernier est originaire d’Afrique, et plus probablement d’Éthiopie, autre grande terre de café. Ce produit a ensuite connu une exportation de sa consommation et de sa production à travers le monde, pour notamment poser ses valises en Amérique du Sud via les missions menées par les colons espagnols. Les premières traces de l’apparition du café en Colombie remontent aux écrits, en 1730, du prêtre jésuite José Gumilla qui relate la présence de la denrée lors de la mission Santa Teresa de Tabajé. Cette dernière intervient au point de confluence entre les fleuves Meta et Orénoque qui marque la frontière entre la Colombie et le Venezuela.

Cependant l’expansion de la culture du café colombien sera plus tardive et va connaître un véritable essor à partir des années 1830 pour s’étendre à l’ensemble du pays au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle. Les premières exploitations se développent à l’est du pays dans les plaines de Llanos pour réaliser les premières exportations vers les pays frontaliers en 1835. Mais le réel développement du café colombien intervient dans le département de Santander à partir de 1850. La demande mondiale, plus particulièrement en provenance des États-Unis et de l’Europe, grandit pour le café en grain ce qui marque un tournant dans la politique économique du pays afin de saisir cette opportunité. En effet, les sols colombiens sont propices aux plantations de caféiers et à la croissance d’un grain de café riche en saveurs et nutriments. Sa culture se développe alors dans les haciendas, de grands domaines agricoles entourant des locaux d’habitation, sous l’impulsion des riches propriétaires qui ont bâti leurs fortunes via l’exploitation des mines et du tabac.

La richesse du pays se dirige vers l’expansion de la culture caféière. Après Santander, les départements de Cundinamarca et Tolima acceptent, vers 1870, de se tourner vers la culture du café au détriment de celles du coton et du cacao. L’activité se structure et se professionnalise pour devenir une réelle industrie. Elle poursuit son accroissement aux autres départements comme Quindio, Cauca, Antioquia et Caldas en 1890, puis finalement Huila et Nariño en 1900. En parallèle, deux éléments importants viennent ralentir cette expansion du café colombien. À partir de 1890, la chute du cours du café mondial allié aux guerres civiles du début de la Regeneración mettent à mal les exploitations pour réduire la place de la culture caféière en Colombie jusqu’en 1910. Cette dernière subsiste dans l’ouest du pays, en Antioquia, où les conditions climatiques sont très favorables. De plus l’activité se structure autour de producteurs qui se regroupent dans des coopératives, ce qui va marquer l’âge d’or du café colombien à partir des investissements entrepris par cette région du pays.

L’âge d’or du café colombien

Cette période débute en 1910 autour des départements d’Antioquia, Tolima et Caldas qui vont former la région appelée l’Eje cafetero (ou Triangle du café). La culture du café se développe autour des petites exploitations et des fermes familiales qui ont mieux encaissées la crise du cours du café à la fin du XIXème siècle et le ralentissement de l’économie colombienne dû à la Guerre des mille jours. Les grandes exploitations des haciendas disparaissent pour laisser place aux producteurs de moyennes tailles qui vont se regrouper au sein de la Fédération nationale des caféiculteurs de Colombie (FNC ou Fedecafé), créée en 1927. Pour soutenir le développement et la structuration économique de l’activité caféière, le gouvernement met en place la même année une taxe sous forme de prélèvement sur chaque sac de café exporté pour financer la Fedecafé. Cette dernière fait du café colombien une véritable marque. En 1931, à travers une loi du gouvernement, elle met en place un système de classification de la qualité du café. Puis en 1932, en parallèle d’un décret présidentiel, elle obtient que chaque sac de café soit floqué de la mention “Café de Colombia” et de trois bandes verticales de couleurs rouge et verte.

En 1937, la Colombie devient le 2ème producteur de café mondial derrière le Brésil. La culture du café, et plus particulièrement de l’arabica, se renforce comme locomotive de l’économie colombienne. Le secteur du café est le pôle économique le plus important du pays en représentant 70% des exportations entre 1930 et 1950. Seulement cette période luxuriante va connaître les premiers prémices de son déclin à partir de 1940 suite à l’effondrement des cours dû à une crise de surproduction au Brésil et l’effondrement du marché européen à cause de la Seconde Guerre Mondiale. Ce phénomène va se poursuivre avec l’entrée en guerre des États-Unis, premier consommateur du café colombien, qui bouleverse son marché. Les conséquences du contexte géopolitique mondial vont être amplifiées par la guerre civile de La Violencia à partir de 1948 pour ralentir définitivement la période emblématique du café en Colombie.

Café colombien et turbulences économiques

Plusieurs périodes peuvent être relevées pour illustrer les difficultés du marché pour le café colombien au cours de la deuxième moitié du XXème siècle, ceci malgré plusieurs embellies:

  • 1948-1960 : l’activité du café est au ralenti en conséquence des conflits qui ont secoués le pays lors La Violencia et de l’émergence de la concurrence en provenance d’Afrique qui conteste l’hégémonie sud-américaine. 
  • 1960-1975 : le phénomène de vieillissement des plantations, le retard technologique dans le secteur et la crise des dernières années pour l’ensemble du pays amènent à une baisse du rendement de la production. La Colombie doit alors s’adapter pour relancer une activité économique phare en perdition. Sur le plan international, elle doit jouer avec les contraintes de l’Accord International sur le Café (AIC) signé en 1962. Sur le plan national, elle lance en 1965 un plan de rationalisation de la production pour intensifier la culture du café dans les zones géographiques aux conditions optimales, injecter des moyens techniques et technologiques, mais aussi professionnaliser les agriculteurs.
  • 1975-1990 : le cours du café s’envole à nouveau et les rendements sont supérieurs grâce aux nouvelles méthodes de plantation. L’économie colombienne connaît une nouvelle croissance à travers la hausse des revenus du café qui s’axe sur deux points, les prix plus élevés dont bénéficient les pays producteurs et la multiplication par deux du volume des exportations par rapport au début des années 70.
  • 1990-2005 : sous l’impulsion des principaux pays exportateurs de café la surproduction redémarre, ce qui va à l’encontre des principes de quotas imposés par les accords internationaux. Le cours du café en subit les conséquences et les prix s’effondrent au début de la décennie 1990. De plus, l’émergence du Vietnam sur le marché, qui propose une variété de café à la qualité inférieure mais aux prix attractifs, impacte fortement la demande pour le café colombien. En parallèle, la rouille du caféier, apparu en Colombie en 1983, se développe. Il s’agit d’un champignon qui touche les caféiers, ce qui fait grandement chuter la production de café en contaminant de nombreuses exploitations. Cette faible production due à la rouille du caféier, conjuguée à une baisse des prix internationaux et la réévaluation du péso colombien, mène à une nouvelle crise entre 2001 et 2005.

Les dates récentes du café de Colombie

Malgré un secteur économique en proie à l’instabilité financière, une concurrence internationale toujours plus présente et la rouille du caféier en problème latent, le café de Colombie jouit d’une renommée certaine dans le monde. C’est ainsi qu’en 2005, l’appellation “Café de Colombia” est créée par la Fédération nationale des producteurs de café de Colombie. Cette dernière devient la première indication géographique protégée (IGP) non européenne à être inscrite dans l’Union Européenne via une ratification en 2007. De plus, l’UNESCO va reconnaître le “paysage culturel du café colombien” comme patrimoine mondial en 2011. Ceci comprend une vaste zone géographique couvrant plusieurs départements, que l’on appelle plus communément “Triangle du café” ou “Eje cafetero”.

De plus l’année 2005 marque le début de la production d’une nouvelle variété d’arabica, le Castillo. Sous l’impulsion du Centro Nacional de Investigaciones de Café (Cenicafé), la production massive de cette nouvelle variété permet d’éradiquer le développement de la rouille du caféier puisque ses propriétés offrent une grande résistance contre la maladie fongique. Sa culture aide également à une meilleure productivité tout en maintenant une qualité similaire aux autres variétés de cafés colombiens.

Depuis 2014, la culture du café de Colombie prospère de par son aura et les résultats de plusieurs plans de replantation efficaces en prévision des grandes variations de températures dues aux menaces climatiques.
Dorénavant votre torréfacteur en Morbihan vous propose de découvrir ce café en grains ou moulu au goût unique et à l’histoire très riche. Découvrez également notre large choix de cafés en vrac.

Add to cart